TOUS À LA RUCHE
Si vous n’avez jamais entendu parler de La Ruche, cachée au fond d’un jardin d’une ruelle du 15ᵉ arrondissement, sachez que cette mythique cité d’artistes a accueilli, entre autres, Marc Chagall, Fernand Léger, Ossip Zadkine, Brancusi et Soutine, et qu’elle abrite entre autre aujourd’hui Ernest Pignon-Ernest. Datant de 1903 et inscrite aux monuments historiques depuis 1972, ce lieu demeure largement secret, et il n’est possible de le visiter que lors des Journées du patrimoine. Vous y découvrirez, notamment son bâtiment principal, en forme de ruche, construit à partir de matériaux et d’éléments issus de l’Exposition universelle de 1900, dont certains conçus par Gustave Eiffel, mais aussi un jardin et d’autres ateliers. On peut dire qu’elle a été, une sorte de première cité de la récup’, avant l’heure. Si je vous en parle aujourd’hui, ce n’est pas pour vous inviter à la visiter, La Ruche est fermée au public. Seul l’Atelier Alfred Boucher, qui accueille des expositions mensuelles, est accessible. Et c’est aujourd’hui, l’occasion d’y découvrir la nouvelle exposition de l’artiste Stéphane Guénier, débutée jeudi dernier. Résident dans l’un des ateliers de la Ruche, il y présente plus d’une trentaine d’œuvres, de tous formats. Vous avez jusqu’au dimanche 22 février pour la découvrir, ne tardez pas, car vous risquez fort d’être fasciné par son travail ! De grands, moyens et plus petits dessins en noir et blanc, sont accrochés directement sur les murs de ce bel atelier. Face aux œuvres, on a très vite envie de se rapprocher et de s’y enfonçer comme dans une forêt, en se baladant aux quatre coins du format … tant il s’y passe de choses, tant les détails cachés abondent, bref, c’est comme un vrai voyage. La technique est mixte, Stéphane Guénier dessine aussi bien au Rotring 0,2 mm, avec une précision et un geste que l’on imagine profondément méditatif, qu’à la plume ou au pinceau. De façon plus expressive, il gratte, imprime, superpose les strates. En parcourant l'oeuvre, parmi une densité d’arbres, on y découvre un plan urbain, une maison, une ville, des oiseaux, des tombes puis soudain une grande plage blanche, ou une large bande, comme une route qui traverse la feuille. Les vues de face se mélangent aux vues aériennes avec une unité déconcertante. Puis apparaît le personnage de l’homme-squelette, à la fois perdu et solitaire. Je m’interroge, qui est-il ? Chacun y voit ce qu’il veut et invente sa propre histoire. C’est, je crois, la force du travail de Stéphane Guénier, sa capacité à exprimer sa sensibilité tout en nous laissant y projeter la nôtre. Son œuvre est puissante et fragile à la fois. Elle vous embarquera, c’est certain. Elle nous a enthousiasmés, et nous avions très envie de vous le partager.
Stéphane Guénier jusqu’au dimanche 22 Février à La Ruche, 2 passage de Dantzig, 75015 Paris
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