LES RENCONTRES !

Contrairement à notre habitude, c’est en août, pour trois jours et deux nuits, que nous avons arpenté la Cité antique. La thématique « Des Mondes à relire » nous a particulièrement enthousiasmés. Quel chance de relire le monde, de recentrer notre regard, de révéler ce qui nous échappe, ce qui subsiste, circule, se transmet et nous relie. Voici quelques-uns de nos coups de cœur ! L’œuvre singulière et puissante de Martine Barrat nous plonge dans les quartiers marginalisés du Bronx et de la Goutte d’Or, dans les années 1970 et 1980, avec une proximité et une énergie absolument saisissantes. Avec « Ghana! Rêver l’indépendance 1957-1976 », nous remontons le fil de l’histoire du pays à travers les images de Paul Strand, James Barnor et Carlos Idun-Tawiah, dont l’une des photographies illustre cette édition des Rencontres. Dans ces moments historiques, la photographie occupe une place cruciale car elle témoigne des défis économiques, sociaux et politiques, mais aussi de la construction et de la refonte d’une identité propre. Avec amusement, nous découvrons aussi « Photoromance », de Paul Kodjo, qui met en lumière le travail de ce photographe ivoirien, figure majeure de la culture visuelle ivoirienne post-indépendance. À l’Abbaye de Montmajour, Ayana V. Jackson déconstruit le portrait des XIXe et XXe siècles avec des photographies d’un réalisme saisissant, pour interroger le regard colonial et son rôle dans la construction des identités raciales et de genre. À l’ancien Collège Mistral, Lee Shulman et Omar Victor Diop affrontent le malaise suscité par la question du racisme avec leur série « The Anonymous Project – Being There », composée de photomontages hyperréalistes. À l’espace Monoprix, le travail sensible de Souleymane Bachir Diagne nous touche particulièrement. Il est présenté dans le cadre du Prix Découverte 2026 Fondation Louis Roederer. Enfin, aux anciens Bains-Douches, la rétrospective consacrée à Alain Keler retrace 60 ans d’un parcours photographique à arpenter le monde et ses fracas. Une exposition qui nous impressionne par la richesse de ses clichés, témoins de six décennies à travers le monde. Une fois encore, ce festival nous a permis de partir loin sans forcément bouger, ou si peu, de nous ouvrir une fenêtre sur d’autres histoires, d’autres cultures, d’autres réalités et de regarder le monde autrement. Cet été n’a décidément ressemblé à aucun autre… Nous dédicaçons cette newsletter à Julie…

Nos cartes postales et nos bonnes adresses sont toujours distribuées à la Librairie Actes Sud d’Arles. Nos recommandations, elles aussi, évoluent à toute vitesse… Beaucoup de restaurants ont changé, fermé ou laissé place à de nouvelles tables. Arles mérite décidément d’être remise à jour.

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